Je suis hors-cadre

Une petite réflexion sur la société dans laquelle nous vivons et sur la façon dont nous sommes conditionnés par celle-ci… la personne sur la photo est volontairement l’auteur de cet article et votre humble serviteur!

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Quand on est petit, dans les cours de récréation de l’école primaire et du collège, on essaye souvent de suivre la mode. On s’habille comme le copain, on suit les modes vestimentaires à la télé, on veut avoir « la classe » avec nos habits de marque. Comme les autres.

Puis, les années passant, souvent au moment d’arriver au lycée, on suit ses propres influences. Notre propre style se définit alors et une partie de notre personnalité commence enfin à s’affirmer. On a aussi la possibilité de ne plus suivre de cours généraux et de se diriger vers les domaines de métiers qui nous intéressent. Mais parfois, l’on ne sait pas quoi faire, on écoute alors les conseils de son entourage ou d’un conseiller d’orientation et, par défaut, on fait quelque chose sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir où aller, sans savoir du tout si on sera heureux au final.

Puis peut-être qu’on rencontre quelqu’un, qu’on fonde une famille, qu’on a un beau mariage et plein d’enfants. Nous vivons alors une vie ponctuée de naissances et de décès, de joie et de tristesse, de doutes et de désillusions, de rêves et de retours à la réalité, de critiques et d’encouragements.

En bref, nous sommes cloitrés dés notre naissance car tout ce qui nous entoure n’est qu’un tout petit cadre. La société repose sur des lois, des valeurs, des principes ou des règles de politesse. Le monde lui-même a pour fonction de se renouveler. Les êtres vivants se reproduisent pour pérenniser leur espèce, les feuilles des arbres tombent à l’automne mais se reforment au Printemps… c’est ce qu’on appelle le miracle de la vie.

Et parce que ce fameux miracle constitue un éternel recommencement, une boucle dans lequel le temps s’est à jamais enfermé, il nous semble logique de reproduire ce schéma dans tous les aspects de notre propre vie.

 

Ainsi, il te faudra aller tous les jours au bureau pour ingurgiter 5 à 6 tasses de café et travailler (un peu) sur quelques dossiers et répondre (parfois) au téléphone.

Ou alors, tu iras à l’usine et tu feras du travail à la chaine. Il faut bien quelqu’un pour fabriquer tout ce dont a besoin la société pour vivre.

Et même si tu fais un boulot foncièrement intéressant et qui te plait, tu n’auras jamais d’autre choix que de pointer à l’heure prévue dans ton contrat le matin afin d’être à temps au boulot et de faire tes sept heures par jour minimum dans le cadre (tiens !) d’un CDI à temps plein, si tu as la chance de ne pas devoir faire d’heures supplémentaires. En clair, tu es un mouton (repense au film de Charles Chaplin, Les temps modernes).

Tu es cadré et tu l’acceptes car finalement, ce n’est pas bien compliqué. Peut-être même que tu aimes ça et, si c’est le cas, tu peux d’ors et déjà arrêter de lire cet article. Mais je sais que tu ne le feras pas. Et tu sais pourquoi j’affirme ça ? Pas parce que j’aurais des dons de médium, mais parce que tu vas me voir comme un extra-terrestre, comme une espèce de chose inférieure à toi qui a l’extrême arrogance de se sentir supérieure. Et ça, tu le penseras car je ne suis pas cadré.

Tu en seras même certain car je ne suis pas la même logique que toi et tu rentreras peut-être alors dans un débat inutile pour te convaincre et me convaincre que tu as raison. Tu me critiqueras sans doute aussi, tu parleras devant moi et/ou derrière mon dos et peut-être même que tu m’insulteras.

Tout cela fait partie de tes droits les plus élémentaires, et qui serais-je pour m’y opposer ? En plus, je te tutoie depuis un petit moment, c’est un véritable manque de savoir-vivre et une démonstration d’arrogance (encore une fois) à pleine puissance. Mais, qu’y puis-je ? Je ne suis pas cadré !

 

Alors écoutez-moi bien, ceux qui comme moi, se sentent « hors-cadre ». Je parle ici des entrepreneurs, des créateurs, des artistes et de tous les gens pour qui « CDI » ne rime pas avec « vie »!

Les gens vous critiquent ? Les gens ne vous comprennent pas parce que vous voulez agir différemment ? Ils se permettent de donner leur avis sans que vous leur ayez demandé et ne trouvent pas votre manière d’agir logique ou raisonnable ? C’est fatiguant et j’en suis conscient.

Mais n’arrêtez pas, continuez à les contredire, continuez à vous faire passer pour une chose étrange pour le reste du monde et faites ce que vous aimez ! Poursuivez vos efforts, ne soyez pas dans le cadre, sortez-en et soyez définitivement hors-cadre !

Beaucoup trop de personnes se permettent de vous critiquer car vous n’entrez pas dans ce fameux cadre, dans le moule si vous préférez. Appelez cela comme vous voulez. Ces personnes sont les plus tristes du monde, ne les écoutez pas, car ce ne sont pas elles qui triompheront au final.

Ce ne sont pas elles qui accompliront leurs rêves et les plus belles choses de cet univers, ce ne sont pas elles qui découvriront une nouvelle planète, écriront un best-seller ou créeront de véritables chefs-d’œuvre artistiques. A la fin de leur vie, ces personnes se diront :

« Mais qu’est-ce que j’ai été bête de ne faire que ça alors qu’il y avait tant de choses à faire! Pourquoi est-ce que j’ai serré des vis toute ma vie alors que j’aurais pu monter un groupe de Rock? Voyager autour du monde où écrire un roman? ».

Et soyez-en sur, quand vous exprimerez vos envies, vos rêves, vos passions aux personnes cadrées, un argument ressortira d’emblée : « Nous, au moins, on a une situation, on est sûr de toujours gagner de l’argent pour vivre ».

Très bien, mais savez-vous ce qu’est l’argent ? Juste des petits bouts de papiers et de métal qui gouvernent le monde ! Oui, les meurtres, les affaires de corruption, les cambriolages, les divergences multiples, c’est juste pour des petits bouts de métal et de papiers.

Certes, vous n’avez pas le choix, vous devez manger. Mais faites en sorte de pouvoir manger avec votre passion, nourrissez-vous de vos rêves et profitez de votre vie, plus exceptionnelle qu’aucune autre : car ce sera toujours la vôtre.

Avant, maintenant et pour toujours, je suis hors-cadre. Si vous vous reconnaissez, revendiquez-vous ainsi ! Assumez ce que vous êtes et soyez définitivement hors-cadre.

 

Et s’il vous en faut plus, prenez donc connaissance des 5 plus grands regrets des personnes avant de mourir !

 

Philippe Schnee

Crédit photo: Jean-Marc de Balthazar